Quand je suis de mauvaise humeur (souvent), j’ai tendance à dire de manière provocatrice qu’il n’y a pas eu de suite à #metoo né en octobre 2017. A mon sens, la suramplification de #metoo émane de trois groupes distincts, aux buts très différents.
- Le premier tend à dire que #metoo a quasiment réglé les problèmes de violences de genre parce qu’il est dans leur intérêt de le dire. Si l’on considère que #metoo a eu des impacts structurels majeurs, alors on peut affirmer que le combat féministe est quasi gagné. Et l’on peut donc dire aux féministes d’ arrêter de se plaindre. C’est ainsi qu’on va voir des personnalités politiques, des media d’influence broder sur ce qui aurait changé depuis #metoo. Cela permet entre autres de ne investir dans des politiques de lutte contre les discriminations liées au genre.
- Le deuxième groupe est sans surprise les lobbies réactionnaires, qui pensent ou feignent de penser que depuis #metoo les rapports hommes/femmes sont définitivement foutus.
- Le troisième groupe est celui composé de certaines féministes. Bien évidemment il ne s’ agit pas ici de condamner leur fol espoir en #metoo. Quand on a passé une part importante de sa vie à militer, il est logique d’ espérer, à un moment, que les choses ont enfin structurellement changé.
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