La fraternité est un mythe

La fraternité est un mythe

Perdre PiedS
4 min ⋅ 09/07/2025

Dans une précédente newsletter consacrée à la sororité, un commentateur m’écrivait cette remarque :
« Est-ce que le concept ne devient pas pertinent dans des micro-sociétés (famille, associatif, entreprise, partis politiques, interactions amoureuses, etc.) où l'on observe la solidarité masculine et la mise en concurrence des femmes, et dans l'idée d'offrir une résistance à cette solidarité masculine ? Même dans les jeux TV ou autre, le réflexe spontané des hommes est au clanisme, et celui des femmes à la compétition (je caricature à gros traits). Je pensais que le concept de sororité avait été forgé dans ce cadre-là, pas tellement dans une sorte de grande union de toutes les femmes. »
Il ajoutait ensuite :
« Pour être honnête, je base tout mon raisonnement sur Koh Lanta, où, quelle que soit leur origine sociale ou ethnique ou leur âge, les hommes vont toujours se privilégier les uns les autres, même quand ils viennent d'équipes différentes, et les femmes mettent toujours huit émissions à piger le truc. C'est sûr que c'est pas hyper rigoureux comme observation ! »

Pour qui a regardé Koh Lanta, c’est vrai que cette apparente solidarité entre hommes est frappante. Mais plus encore, c’est l’absence de solidarité féminine qui saute aux yeux. Cela a été le cas pendant de nombreuses années — peut-être que cela a changé depuis. Les femmes éliminent toujours d’autres femmes en premier. Certes, celles jugées les plus « faibles » pour les épreuves… mais pas plus faibles que certains hommes. Les hommes, eux, ne sont pas spécialement solidaires entre eux ; ils ne le sont simplement pas avec les femmes.

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Perdre PiedS

Par Valérie Rey-Robert

Je m’appelle Valérie Rey-Robert et je suis féministe depuis plus de 30 ans.
J’ai beaucoup écrit sur les violences sexuelles, la culture du viol, les masculinités et le sexisme dans la culture populaire.
Etre féministe nous oblige à sans cesse réviser notre copie et penser des situations qu’on n’avait pas envisagées. Tenir compte de l’ensemble des discriminations vécues, penser chaque cas nous fait nous remettre en cause en permanence, nous interroger et repenser nos points de vue.
Et j’ai aussi 50 ans. Ma vie, parfois pas tellement facile, m’a obligée à me confronter à des moments où j’ai douté, ou je doute encore. Il est peu dans mon caractère de le partager et je vais m’y obliger avec cette newsletter.

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